Un service-conseil en architecture patrimoniale en Chaudière-Appalaches

CAPCHA

 Sainte-Croix, juillet 2019- En tant que gestionnaire régional du projet, la MRC de Lotbinière est heureuse d’annoncer le démarrage d’un service de cliniques d’architecture patrimoniale en Chaudière-Appalaches. Le projet dénommé CAPCHA sera déployé sur le territoire des 8 MRC participantes jusqu’en mars 2022. Son implantation est rendue possible grâce au soutien du fonds d’appui et de rayonnement des régions (FARR). CAPCHA permettra aux propriétaires de maisons anciennes, ainsi qu’aux comités d’urbanisme des 122 municipalités concernées, d’obtenir les services conseils de la firme Marie-Josée Deschênes, architecte, inc.  ( NDLR : Communiqué publié intégralement )

L’architecture patrimoniale étant omniprésente dans la majorité des municipalités de la Chaudière-Appalaches, il importe aux MRC concernées de préserver ce patrimoine bâti qui constitue une ressource fragile et non renouvelable qui requiert une expertise particulière lorsque des travaux de rénovation ou de restauration sont prévus. « À l’ère du développement durable, les élus de la Chaudière-Appalaches jugent important d’assister et de conseiller les personnes qui assurent une pérennité aux bâtiments patrimoniaux dans leurs communautés. L’originalité du projet repose sur la visite « in situ » des maisons anciennes afin de poser un diagnostic le plus juste possible quant aux travaux nécessaires pour leur préservation et leur mise en valeur», de soutenir Monsieur Gaétan Vachon, président de la table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA) 

Pour atteindre ces objectifs, l’aide conseil de la clinique d’architecture patrimoniale est prévue en trois volets soit l’Aide conseil aux propriétaires de maisons anciennes datant d’avant 1950, l’assistance conseil pour les comités consultatifs d’urbanisme dans des zones patrimoniales sur des édifices d’importance patrimoniale, ainsi que des formations sur l’ensemble des territoires concernés. Pour informations complémentaires et inscriptions, visitez le site capcha.ca

Parallèle // St-Georges – Waterville

Panneau

« Parce que notre coin de pays mérite qu’on en soit fiers, et qu’on aspire ensemble à le voir prendre sa place sur la “mappe”, pour qu’on en parle en bien de Copenhague à Vallée-Jonction… en passant par Jackman bien sûr 🙂 »

Voilà la phrase qui termine la section « À propos » sur sartiganå.com.  Dans son essence même, Sartignå s’ancre ( s’encre ) dans son territoire d’appartenance : la Beauce.  Et on pourrait dire aussi un peu au-delà, vers le sud.  Le territoire de Sartiganå c’est un peu aussi le Maine.  Car c’est en partie la proximité avec le Maine qui définit notre identité, qui nous distingue des autres régions québécoises.  

Dans cet esprit, cette journée du « Fourth of July » se veut le prétexte d’une petite virée éditoriale de l’autre côté de la douane.  À l’apogée de l’épisode caniculaire actuel, où l’on nous martèle l’importance de bien s’hydrater, une destination s’imposait : Waterville 🙂

Depuis l’été de mes 13 ans, qui fut le premier d’une longue série de séjours annuels au « summer camp », les escapades de l’autre côté de la frontière sont devenus pour moi un besoin viscéral qui ne cesse de refaire surface une ou deux fois par année.  Sporadiquement, le Maine m’appelle.  Il faut que j’aille m’y promener, ne serait-ce que pour ce sentiment de lâcher-prise total qui me traverse une fois les « lignes » passées, à la vue de ce paysage sauvage et montagneux qui procure instantanément l’impression de se retrouver soudainement dans le fond de « nowhere », libre de toute attache du quotidien.

Au fil des ans, mes déambulations m’ont amené dans d’innombrables recoins tous plus différents les uns que les autres.  Car c’est probablement ce qui rend cet état si intéressant : la variété de son territoire. Tantôt urbain, le plus souvent sauvage ou balnéaire, les multiples facettes du Maine sont une source intarissable de découvertes pour le flâneur (surtout motorisé) qui s’y aventure.

Pour ma part, conséquent avec mes études en urbanisme, autant au Québec que dans le Maine ou ailleurs, ce sont les pôles urbains qui m’attirent le plus.  À plus forte raison les petites et moyennes villes.  Toujours habité par mon appartenance à nos milieux urbains beaucerons – surtout Saint-Georges – j’aime visiter différentes villes et m’adonner à y trouver des idées à ramener chez nous ou encore m’amuser au jeu des comparaisons.  Au pays de l’orignal et du homard, mes petites et moyennes cités préférées s’appellent Portland, Bangor, Freeport.  Mais Skowhegan, Lewiston, Belfast et autres Augusta ont aussi leurs charmes, bien que certains de leurs quartiers sont aussi un peu parfois en mal d’amour.  

Aussi nombreuses soient-elles, mes escapades sur la 201 et la 95 ne m’avaient jamais amené à m’attarder à réellement visiter Waterville, municipalité de 16 000 âmes* sise en plein milieu du « Central Maine », sur les rives de la rivière Kennebec.  De l’idée que je m’en faisais de par le point de vue qu’on en a depuis l’ « interstate highway », je l’avais toujours perçue comme une ville autoroutière plutôt banale se limitant à une « strip » commerciale poche de bord d’autoroute.

Au cours de l’hiver, deux publications ont attiré mon attention dans mon fil Facebook.  La première faisait la part belle à l’aménagement d’une promenade style « Rendez-vous à la rivière » aux abords de la Kennebec.  La deuxième mettait en évidence la réalisation d’un édifice moderne de 5 étages à vocation mixte en plein coeur du centre-ville, lequel abrite notamment des espaces hors-campus du Colby College.  Il ne m’en fallait pas plus pour réveiller mon envie de prendre la route vers le sud.

Pavillon hors-campus du Colby College sur la rue principale de Waterville
La promenade inaugurée en 2018 aux abords de la rivière Kennebec

J’ai souvent remarqué la mention « Colby College » sur un panneau autoroutier, sans nécessairement avoir identifié qu’il s’agissait d’une université située à Waterville, et tout aussi ignorant quant à l’envergure dudit collège.  Il faut avouer qu’il est un peu ardu de s’y retrouver dans la liste des institutions d’enseignement supérieur aux États-Unis tant il y en a plusieurs, toutes plus différentes les unes que les autres.  J’avais déjà été bien impressionné en visitant le petit campus du Bowdoin College, une autre université privée située à Brunswick.  Mais j’étais loin de m’attendre à ce que j’allais découvrir en visitant le campus principal de Colby, sis sur une colline un peu en retrait du noyau urbain.  Ouf !  Wow !  Un campus typiquement anglo-saxon d’une beauté à tomber par terre, garni d’une trentaine de bâtiments hyper-récents ou très anciens impeccablement entretenus (la fondation du collège remonte à 1813, ce qui en ferait le 12e collège dédié aux « liberal arts » le plus ancien aux États-Unis).  Tout comme Bowdoin College, Colby accueille environ 2000 étudiants.  On parle donc d’une entité qui s’apparente passablement à l’Université Bishop’s de Lennoxville, tant pour le charme de l’endroit que pour l’importance de la population étudiante.

L’un des pavillons du campus principal du Colby College

Dans le cadre de ma visite à Waterville, j’étais curieux de découvrir à quel point cette petite ville pourrait se comparer à Saint-Georges sur les plans économique et urbanistique.  Antérieurement, j’avais cru que Bangor pourrait servir de comparable, en vertu de ses quelque 31 000 résidents*, soit pas loin de la population georgienne.  En y regardant de plus près, le réseau de transport en commun, l’envergure des édifices, la présence d’une antenne locale des chaînes CBS et ABC et d’un journal quotidien ( Bangor Daily News ) ou encore la liste des spectacles estivaux présentés aux Waterfront Concerts suffisent à comprendre qu’on a plutôt affaire à une ville passablement plus imposante pour ce qui est de Bangor.  Bref, Waterville s’avérait effectivement davantage appropriée dans le cadre d’un exercice comparatif ( absolument non-scientifique, faut-il le préciser ! ).

Lorsque l’on découvre les villes du Maine qui bordent les rivières Kennebec ou Androscoggin, ce qui frappe tout de suite, ce sont les nombreuses installations de filature industrielle en brique rouge héritées des années glorieuses de l’industrie textile.  À Saint-Georges, l’usine de Tapis Venture constitue désormais le seul témoin de cette activité économique qui a également connu une période productive à la même époque, mais dans une moindre mesure que dans la Nouvelle-Angleterre.  Si un certain nombre de ces installations servent toujours à des fins manufacturières, plusieurs prennent plutôt l’appellation de friches industrielles, lesquelles font parfois l’objet d’ambitieuses rénovations.  C’est le cas de l’ancienne manufacture de chemises Hathaway de Waterville dont à peu près la moitié de la vaste usine a été convertie en un complexe à vocation mixte où s’amalgament bureaux, locaux institutionnels et résidences de type condo.  

L’ancienne filature Hathaway, partiellement convertie en bâtiment multi-usages
Espace de travail partagé dans l’ancienne filature Hathaway

De tels aménagements assez récents témoignent d’une activité socio-économique en relative bonne posture, bien que la vétusté de certaines constructions permettent de supposer une certaine résilience au cours des dernières décennies.  Il en va de même pour la centralité historique, laquelle abrite notamment l’hôtel de ville et l’ « Opera house ».  Si certaines propriétés semblent quelque peu défraîchies, les nombreux atouts patrimoniaux du secteur rendent l’endroit indéniablement charmant.  L’avènement récent d’un pavillon du Colby College ( évoqué précédemment ), l’approbation cette semaine d’un projet d’hôtel boutique moderne de 53 chambres, également mis de l’avant par le collège, ou encore les affiches bien visibles illustrant le souhait de la municipalité d’ériger un complexe culturel d’envergure sur l’avenue principale, sont des exemples évocateurs de l’élan que semble connaître Waterville et qui sont de nature à renforcer l’attractivité d’une entité urbaine déjà bien servie par son positionnement géographique au centre de l’état.

Annonce d’un hôtel au centre-ville de Waterville, projet mis de l’avant par le Colby College
Rendu d’un projet pour un nouveau complexe culturel au centre-ville de Waterville
Petit ilot un peu moins charmant près de l’ancienne usine Hathaway

Cet élan n’est pas sans rappeler la croissance somme toute régulière de la ville de Saint-Georges au cours des dernières décennies, laquelle se poursuit aujourd’hui, notamment marquée par de grands projets urbanistiques tels la réfection de la Promenade Redmond ( ou du Quai Pinon ), l’annonce récente d’un futur complexe sportif de 26M$, l’agrandissement du Centre de congrès Le Georgesville, auxquels s’ajoutent de nombreux autres projets privés ou publics, dont également la perspective d’un nouveau complexe culturel, actuellement à l’étude à la MRC Beauce-Sartigan, un projet qui se fait attendre depuis plusieurs années.

Certes, il faut souligner la participation de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, principal partenaire de la Ville pour le complexe sportif qui sortira de terre en 2020.  Cela dit, sans vouloir faire de comparaisons boiteuses ni aller sur le terrain des comparaisons entre les systèmes d’éducation ici et au sud de la frontière, force est de constater que la présence d’une institution comme le Colby College est un actif inestimable pour Waterville, pour lequel il n’existe pas vraiment de comparables chez nous, même s’il ne faudrait absolument pas faire abstraction de la contribution significative du secteur privé au bien-être collectif.  La région peut en effet se compter très chanceuse du support essentiel des Canam, Garaga, Manac, Pomerleau, Altrum, Boa-Franc et consorts dans le développement de la communauté.

On réalise que l’on ne compare probablement pas des pommes avec des pommes en visitant le chantier en cours du futur complexe sportif du Colby College ( lequel sera accessible à la communauté de Waterville et ses environs ), évalué à quelque 200 M$ u.s. !!! …d’une superficie de 32 516 m2.  À titre de comparaison (encore!) L’agrandissement de 35 000 m2 du PEPS de l’université Laval ( 43 000 étudiants ) inauguré en 2014 représentait un investissement de 81,5 M$ can !  Ajoutez à cela le magnifique et moderne Colby Museum of Art situé sur le campus principal mais accessible au public gratuitement… Bref, Waterville peut dire merci Colby College !

Rendu infographique du complexe sportif en construction à Colby College

L’héritage francophone du Maine

Elle peut très certainement aussi dire merci aux nombreux expatriés Québécois ( dont un grand nombre de Beaucerons ) qui sont venus contribuer à l’essor économique local lors du boom du textile.  Cette présence francophone se fait d’ailleurs encore largement sentir dans le centre-ville de Waterville où on ne peut pas faire un pas sans remarquer le caractère bien québécois du tissu social local. 

Mettons donc de côté ce petit jeu peut-être pas si pertinent après tout que celui de la comparaison un peu « far-fetch » ( ou tirée par les cheveux ) entre deux municipalités dont on pourrait dire en fait que le réel lien qui les unit est probablement celui-là, indeed : Des Morin, des Castonguay, Rancourt, Poulin, Fortier, Tardif et tout plein d’autres dont les racines se sont entremêlées à certains moments dans le cours de l’histoire respective des deux coins de pays.  Happy Fourth of July to all !

… Ah… et malgré la canicule qui sévit, à part la rivière Kennebec, je n’ai trouvé à Waterville rien de particulier pour m’hydrater… c’est plutôt sur le chemin du retour que j’ai pu le faire, sur la terrasse du Old Mill Pub de Skowhegan, laquelle surplombe la rivière et ses barrages, en sirotant une « p’tite frette » produite par une micro-brasserie locale… et en m’empiffrant d’un succulent lobster roll ! 🙂

Miam !

– Par Jérôme Gendreau

* Précision concernant les chiffres de population :  Quand on s’intéresse un peu à l’importance démographique des villes américaines, il appert que les comparaisons avec nos chiffres québécois peuvent s’avérer quelque peu hasardeuses.  Les fusions du début du millénaire au Québec se traduisent par la diffusion de chiffres qui font généralement état de l’ensemble urbain élargi, ce qui n’est habituellement pas le cas du côté américain.  À titre d’exemple, dans un reportage datant de 2015, Radio-Canada mettait de l’avant une population de 66 000 personnes à Portland.  Il s’agit effectivement du chiffre officiel si on ne tient compte que des limites de la composante « Portland » de l’agglomération, laquelle contiendrait plutôt environ 520 000 habitants !  Il en va de même pour Waterville dont la population réelle de l’ensemble urbain tournerait autour des 30 000 âmes, ce qui diffère significativement des 16 000 officiellement évoqués.  La population totale du Maine s’élève à environ 1.3 million d’habitants.

Saint-Georges dévoile l’oeuvre d’art qui enjolivera la promenade Redmond

Promenade Redmond

Réalisée en aluminium, les trois mats de la sculpture seront d’une hauteur de 8,85 mètres (29 pieds) et inclinés à 65 degrés. Sur chacun des mâts, 17 tubes en aluminium seront fixés mécaniquement. Ces tubes peints offriront un mouvement sculptural puisque ceux-ci se balanceront sous l’effet du vent rappelant le mouvement des feuilles dans un arbre pour le vert, les vagues sur la rivière pour le bleu et le feu attisé par le vent pour le rouge et le jaune. Les couleurs se balanceront le long de la rivière Chaudière telle une douce chorégraphie de ligne qui accompagne le passage de l’eau et des passants.

L’œuvre, qui se distinguera par sa forme, ses jeux de couleurs et sa dimension cinétique, viendra bonifier l’expérience des personnes qui circuleront, rouleront ou marcheront sur ou en bordure de la promenade Redmond.

C’est un comité ad hoc qui a procédé au choix de l’artiste et de l’œuvre. Ce comité était composé de deux spécialistes en art visuel, d’une représentante du ministère de la Culture et des Communications, d’un représentant des usagers, de l’architecte paysagiste ainsi que d’une représentante de Ville de Saint-Georges.

Cette œuvre est réalisée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics.

La réalisation de la sculpture « Déambulation éolienne » s’amorcera au cours des prochains jours et sera installée au cours du mois de septembre prochain.